31 décembre 2009

17

Coupée dans son élan lyrique, Hildegarde resta un moment immobile, telle une statue, bouche ouverte, un bras en l’air dont l’index pointait un point imaginaire au plafond. Elle aspira si fortement, que quelques enfants dans l’assistance se demandèrent si elle n’allait point exploser comme le crapaud de la fable qu’ils étaient en train d’étudier à l’école.
- On t’a peut-être sonnée, crevure ?
- La Loi, c’est la Loi, t’as dépassé ton temps de parole, alors dégage ! Comme tu dégageras aussi de ma mairie !
- Minute, Coryandre, la mairie elle sera à moi !  Coupa Victoire Victorine.
- Que nenni ! J’y suis, j’y resterai !
- Il est évident qu’en voyant les poissonnières que vous êtes, les électeurs voteront pour le vrai changement !
L’intervention d’Isabeau eut raison de la querelle naissante, et le trio se ligua contre lui :
- Et qu’est-ce qu’ils y connaissent en politique, les hommes ?
- Ce que… Partout dans le monde, les hommes gouvernent et…
- Cela n’est pas une preuve ! D’ailleurs, on voit…
- Assez ! Fermez-la, les grognasses !
Eleuthère Matzagouras entrait dans la bagarre. Son intervention fut remarquée de tous, car depuis des années il se tenait dans l’ombre de Javote Esposito, la présidente du parti de la Barre à Droite Toute. On pensait même qu’il était muet ! Et Eleuthère de continuer :
- Les choses vont changer, car la Droite sera elle aussi représentée par un homme moi ! Et…
- Ta gueule, Eleuthère !
L’intervention de Javote coupa net et la parole d’Eleuthère, et les réactions des autres antagonistes. Eleuthère, parce qu’il craignait sa présidente, les autres curieux de la suite. Lorsque Javote perdait son langage châtié, cela promettait une suite inattendue.

Posté par Giovanni Petot à 17:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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