03 janvier 2010

20

Lorsque Pétronille prit place à la tribune, on comprit qu’elle était la nouvelle candidate de droite, et nul n’écouta son discours. Enfin, presque, certaines oreilles traînant histoire de savoir si elle ferait la même promesse que sa mère, vu qu’elle était encore plus jolie qu’elle à son âge. Certains se promirent de signer leur bulletin de vote le jour venu : il y aurait la preuve qu’ils avaient voté pour elle.
Pétronille Esposito avait à peine terminé son harangue, que les autres candidates crièrent au scandale, à une manœuvre sournoise : présenter une candidate jeune et jolie était contraire à la constitution. Javote tenta de couper court à leurs récriminations en mentionnant que son élection à elle n’avait jamais été invalidée, alors qu’elle était plus jeune que sa fille, et presque aussi jolie. Au lieu de calmer le jeu, elle jeta de l’huile sur le feu, ses adversaires l’accusant d’avoir régné illégalement sur la municipalité pendant des années. La situation allait en empirant, et l’on était sur le point d’en venir aux mains, chose commune à Pluiederubis, lorsqu’une vois s’éleva du fond de la salle :
- Hé ! Il va être vingt-et-une heures ! Avec vos conneries, pour un peu, je loupais le feuilleton ! Bonsoir tout le monde !
En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, protagonistes et assistance étaient dehors. Le feuilleton, c’était du sacré ! Tous se précipitèrent pour aller allumer leurs téléviseurs.

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Posté par Giovanni Petot à 15:17 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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