01 janvier 2010

18

Javote Esposito qui détenait deux records absolus dans toute l’histoire de la municipalité. La plus jeune élue, puisqu’elle avait commencé son premier mandat à l’âge de vingt-et-un ans, et avec un pourcentage inégalé. Pourtant, rien ne laissait présager un tel succès. Cela se passait une trentaine d’années auparavant, et elle était la première femme à se présenter dans sa localité. A cette époque, on n’imaginait pas, à Pluiederubis, que la politique soit une affaire de femme, et moins encore celle d’une gamine, comme disaient les anciens. Elle n’avait pas été plus écoutée que les autres, seulement, l’inconscient enregistre certaines paroles. Et la jeune Javote avait su trouver ses mots :
- Si je suis élue, je promets à chaque électeur ayant voté pour moi, s’il le désire, de coucher avec lui !
Et comme elle était d’une incroyable beauté… Selon certaines estimations, il est probable que tous les électeurs de sexe masculin avaient voté pour elle. Tous, sauf trois. Qui pouvaient-ils être ? On était presque certain de l’identité de deux d’entre d’eux. Tout d’abord, le curé de l’époque, même si les athées et les Protestants l’accusaient d’être un vieux pervers libidineux. Le second, le pasteur, père de l’actuel pasteur Frédégonde Badina. Il eut droit aux mêmes qualificatifs que son rival religieux, de la part des athées et des Catholiques. Catholiques et Protestants s’accusant mutuellement d’être à l’origine des rumeurs mutuelles, sans que l’on ne sache jamais qui avait commencé. Probablement les deux camps au même moment. L’identité du supposé troisième homme ne fut jamais élucidée. Toujours est-il que les estimations mirent à mal plusieurs ménages… Mais on ne divorce pas, à Pluiederubis.   
Le soir même de l’élection, de très nombreux galants se précipitèrent, discrètement, auprès de la nouvelle élue, pour lui rappeler sa promesse électorale. Ce à quoi la belle répondait qu’elle tiendrait toutes ses promesses électorales, mais, elle leur demanda de lui fournir la preuve que le bulletin de vote qu’ils avaient déposé, était bien le sien. Comme nul ne put en apporter la preuve, elle n’eut pas tenir cette promesse électorale… Ni les autres d‘ailleurs, mais comme personne ne les avait écouté, personne ne s’en rendit compte.

Posté par Giovanni Petot à 13:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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