26 juillet 2008

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     Ses remords fondirent comme neige au soleil. Et il continua de faire la promotion de la commune. Le couple cria d’admiration en voyant l’Ermitage dans son écrin de verdure, admirèrent la lourde grille en fer forgé, le parc bien entretenu, et les parterres de fleurs multicolores. Nul n’aurait pu se douter que plus personne ne vivait ici depuis huit années déjà. Les équipes d’entretien faisaient un bon travail !
     Le ravissement de Praxelle et Alexandre allait crescendo au fur et à mesure qu’ils découvraient les nombreuses pièces aux plafonds ouvragés et aux parquets en marqueteries. Ils faisaient déjà de projets quant au mobilier qu’ils y mettraient. Rudy s’entait bien que l’affaire était dans le sac, mais il fallait jouer serrer. C’était une sorte de course contre la montre, éviter que le couple en apprenne de trop sur les fous qui vivaient aux alentours. Il usa donc d’un grand classique de la profession :
     - Je ne voudrais pas vous presser, mais je sais que d’autres couples, dont s’occupent mes collègues, sont sur les rangs. Vous comprendrez que si le prix paraît  prohibitif, c’est quand même une affaire pour une telle résidence et son parc de dix hectares 
     Bien entendu, il n’en était rien. Certes, le prix était en deçà de ce qu’il aurait dû être s’il n’avait été sis à Pluiederubis. Mais aucun autre acheteur ne s’y était intéressé depuis plusieurs mois.

Posté par Giovanni Petot à 10:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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